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mardi 25 janvier 2022
lundi 24 janvier 2022
jeudi 20 janvier 2022
samedi 8 janvier 2022
VIOLETTE.
Légère comme un flocon je l’ai vu dessiner des cercles sur la rive gelée de la Neva. Des tourbillons de givre en pluie fine argentée s’échappaient du tracé du fer de ses patins. Elle formait des lettres immenses, démesurées, comme sur le sable on laisse des messages secrets. Sa jupe tournoyant offrait à la foule les muscles adolescents d’une future jeune femme.
Violette est apparu, griffé à l’encre blanche, l’espace d’une danse savamment orchestrée, et le coton de neige accroché aux ambages façonnait un relief, rehaussant l’écriture qu’une main féminine eut volontiers formée. Mais à peine son nom était-il gravé que des milliers de jambes effaçaient le tracé. Violette s’est évanouie dans la foule glissante d’un matin ordinaire d’hiver sur la Neva.
SALSA
Je danse sur un fil et pour ne pas tomber
J’ouvre mes larges ailes comme un grand échassier
Je glisse alors mes pieds en pointe rose tendre
Et j’avance en traînant car je voudrais entendre
La chanson du vent sous le ciel printanier,
Tout ce qui vole et passe en tourbillon léger,
Les mouches et les frelons en vêtements dorés,
Le frémissement de l’eau quand survient l’alizé,
Toutes les sources fraîches du début de l’été.
Et je me cambre, frêle, et pose mes talons
Sur la dernière marche d’un immense escalier
Ou je finis ma danse, saluant l’escadron
D’une armée verte encore de futurs papillons.
ASTRID.
Je veux fermer la porte au monde de travers,
Au monde qui se plaît à tourner à l’envers.
Chez moi, vous allez voir, c’est l’envers du décor,
Car on y vit les heures en secondes record.
Tous les petits bonheurs repoussent au printemps,
Mais, pour les cas urgents, ils enchaînent et fabriquent
Une once de plaisir, des instants magnifiques,
Une machinerie volante à gommer les soucis,
Des montagnes d’idées à effacer la peur,
Des jolis trompes l’œil qui empêchent les pleurs.
Et j’ai planté chez moi des petits artifices,
Qui, sous le vent du soir jettent des maléfices
Aux démons inquiétants et brident leurs malices.
Je suis le lendemain de veilles fantastiques,
Le futur m’accompagne et meurt dans le désert
Quand l’espoir se ternit de pensées trop obscures.
Alors j’efface tout les vilains stratagèmes
Des empêcheurs de rire qui boudent les plaisirs.
Je ne veux pas que mon cœur s’attarde à trop penser,
Je veux juste être riche de fraîcheur et d’entrain,
La vie est bien trop courte pour attendre demain.