Légère comme un flocon je l’ai vu dessiner des cercles sur la rive gelée de la Neva. Des tourbillons de givre en pluie fine argentée s’échappaient du tracé du fer de ses patins. Elle formait des lettres immenses, démesurées, comme sur le sable on laisse des messages secrets. Sa jupe tournoyant offrait à la foule les muscles adolescents d’une future jeune femme.
Violette est apparu, griffé à l’encre blanche, l’espace d’une danse savamment orchestrée, et le coton de neige accroché aux ambages façonnait un relief, rehaussant l’écriture qu’une main féminine eut volontiers formée. Mais à peine son nom était-il gravé que des milliers de jambes effaçaient le tracé. Violette s’est évanouie dans la foule glissante d’un matin ordinaire d’hiver sur la Neva.
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