samedi 7 septembre 2024

Ce que je verrai plus tard.

 J’irai au paradis d’où je verrai la terre

Et je verrai l’enfer, Je verrai les damnés 

Ceux qui n’ont pas prié et qui sont condamnés. 

Les patraques, les méchants, les fous,

Tout les intransigeants rageurs et mécontents, 

Le cou proéminent et la glotte sévère, 

La fierté en bannière, l’arrogance en drapeau.

Et je regarderai tout ce qui indiffère, 

Qu’on refuse de voir, l’aveuglement notoire 

D’un monde sans espoir.

Et je regarderai 

Les vastes océans minés par les rivières 

Chargés de minerai, pollués et malades,

S’étirer, rétrécir, et mourir, enfermant 

La faune agonisante sous un soleil de plomb.

Je ne pourrai rien faire, je ne pourrai rien dire, 

Me glisser dans la foule essayer d’avertir 

Tout ce monde assassin qui avance tranquille 

Vers une mort lente, victime de ses crimes.

Et les pauvres manants erreront, solitaires,

Interrogeant le ciel parce qu’il n’y a rien à faire 

Perdus dans l’univers surpeuplé et beuglant 

Des hommes sans limite, 

Qui croient en je ne sais qui 

Et qui tuent froidement: la vie.

Effarée de la haut, je verrai la marée 

Débordante et affreuse bousculer 

Ce qui reste du peu d’humanité 

Engluée dans la fange des fils conducteurs 

Du progrès incessant des mains d’ordinateurs 

Invasives et manipulatrices 

Contre qui il est imprudent de croire 

Que nous les dirigeons quand c’est nous 

Qu’ils gouvernent.

Je m’en irai malade d’un passage sur terre 

Où l’on savait panser et guérir les enfants 

Sans tuer le futur , juste là, à côté,

Avec les mots d’amour qu’on met sur page blanche 

Et non à mille lieues, sur la vitre impalpable

Du commerce des yeux, apaisant la conscience 

Pour croire qu’on est heureux.

Alors, désespérée, j’enverrai avec force

Tout ce que j’ai d’amour à mes enfants chéris, 

À mes quelques amis, à ma famille aussi,

Je construirai un nid, pour les mettre à l’abri,

Et pour les protéger.

 


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