mercredi 2 octobre 2024

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Les suffragettes.



 

LES FOURMIS.

 Sous le petit abri d’une épine de pin 

Une vie minuscule rampe silencieusement 

Appelant sa tribu, longue file sans fin.

Il s’agit d’arriver bien vite et sûrement 

Vers un butin secret que seules ont détecté 

Les antennes habiles de toute une unité.

C’est un grand régiment qui avance, docile, 

Dans la quiétude fragile de paix des sous bois. 

Mais voici que le vent soulève les feuillages 

Laissant à découvert l’armée dans son sillage.

Et cette file sans arme se retrouve aux abois.

Que chacun se disperse, murmure-t-on ici bas

Mettez-vous aux abris il y a danger en vue !

Des rapaces, des oiseaux, des insectes inconnus! 

Aussi assiste -t-on à un affolement 

D’un troupeau apeuré qui peine à se cacher, 

Qui grimpe sur les arbres, retombe durement 

Sur le sol balayé et glissant des rochers.

Au secours ! crie alors une voix menacée,

Un pivert vient de prendre mes amies en otage. 

Le chef répond de loin, qu’au lieu de trainasser, 

Vous auriez du courir vers un proche voisinage 

Ou un endroit propice pour qu’on se mette à table.

Nous sommes des fourmis, pas des maîtres à penser,

Répondent alors les filles d’un accent outragé. 

Et puisque c’est comme ça, on va se disperser. 

En faisant attention à ne pas se faire manger.

Le vent souffla si fort, emportant le troupeau, 

Qu’on ne retrouva rien, ni dans l’air, ni dans l’eau. 

Tandis que sous l’abri d’une épine de pin

On trouva six fourmis qui se donnaient la main.