Des ragots ma chère, je m’en soucie guère, il me chaut d’être fière.
Mais oui je fus fidèle à mon époux naguère, lors même qu’il pourchassait dedans la France entière les vilains, les marauds, et tout les malandrins. Ma chasteté souffrant de tristesse et d’ennui, je songeais à la clé celėe dessous la cotte qu’icelui ne quittait.
Enfin il revenait. Il me fringuait tant tant, de bien rude façon, me baisant vivement, sans même ôter les chausses, ni dessous de jupons. Il soignait sa monture de plus noble façon. Moi je priais le ciel pour qu’on me rapporta la clé qui m’obligeait s’il mourrait en chemin.
Monsieur mourut enfin et l’on me raconta combien il fut galant avec les damoiselles. Il œuvrait pour le roi, et joutait ardemment, prié de ramener quelques cuisses légères de bonne compagnie et sans mal d’Italie. Je pouvais être fière.
Que le veuvage est doux, tant je vois de moustaches se frotter gentiment sous mon joli jupon. Point de clé qui m’oblige, je rends service au roi et je joute à ma guise, les chausses de l’armée sont sans secret pour moi.
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