dimanche 25 mars 2018

Claudine, ou la mémoire perdue. dessin Galane 2018.




Claudine c’est bien toi ?
Je ne t’ai pas reconnue !

Claudine ou Marcel,
Sont du siècle dernier, qui, après cent années,
Arrivent sur la scène.
Passants intermittents
D’un spectacle improbable, ils se produisent enfin.
Visiteurs turbulents, ils chantent des comptines
Ou des rondes d’enfants.
Petit moment inouï de douceur mélodieuse
Qui puise dans l’abîme et remonte le temps
Extirpant des sillons souvent inextricables,
Une joie sans partage
Un rire éblouissant, de tendresse puérile
Que la raison efface la seconde d’après.

Mais où donc est Claudine ?
Claudine est revenue comme un trait de soleil
Éclairant un instant fugace et nécessaire,
Parce qu’elle était jolie, et douce,
Et elle nous aimait tant.
C’était ma tante, ma sœur, mon enfant,
Ou bien une voisine.
Était-elle mon enfant ?

Tous ces enfants perdus, embryons feux-follet,
Qui retournent au nid des enfants disparus,
Des nouveaux nés voulus
Qui n’ont jamais grandi
Ou qui n’existent plus.

Et le bonheur est là, souriant à nouveau
Les mains ne cherchent plus ce qu’elles ne savent pas.
Elles apprennent aujourd’hui ce qu’elles ont oublié.
Inutile gestuelle d’une lente agonie
Où l’on invente tout puisqu’on ne sait plus rien.
Les mots se sont cachés sous le coup du chagrin.
Pourtant ils étaient là, sous le creux de la main.

Qui diable était Claudine si ce n’était pas toi.


Puis j’ai vu son sourire
S’éteindre tout à coup
Et son regard perdu interrogeant le vide.
Claudine où es-tu ?

Et voici que l’enfance se cache et disparaît
Tirant d’un trait de plume un rideau
Sans limite.
La mémoire sommeille dans un puits sans écho
Gommant l’imaginaire et les rêves secrets.
Mais le cœur éperdu de tendresse et d’amour
Se gave de mots doux rassurants et précieux.

Claudine est repartie
Pour de longues vacances
Et ne reviendra plus qu’à de rares occasions.
Mais il reste Marcel Ferdinand et les autres
Les passants d’une vie, revenants solitaires,
Pour combler la mémoire avant de s’envoler.
Le monde est si petit qu’on peut l’appréhender

En un tour de magie que l’âge seul sait faire.

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