La chaise à trépied.( dessin Galane 2008)
Celui-là est gentil qui a l’air sidéré
De trouver un fauteuil au creux de la forêt.
Reposoir insolite, tout bien considéré,
Qui pourrait bien servir à poser ses jarrets.
Qui va là, cria-t-il, en cas de coup fourré,
Aucun son dans le soir ne répond à l’appel.
Il se poste tout prêt du dossier ajouré
Et scrute l’horizon. Non, rien d’exceptionnel.
Lors, il avance encore, renifle le métal
Odeur singulière, éloignée du gibier
Ni duvet ni fourrure au repas principal,
Il inscrit une fleur dans son nouvel herbier.
Car l’objet étonnant semble véhiculer
Des parfums inconnus qu’il va devoir pister.
Et le loup se surprend en train d’affabuler
Certain que son histoire ne peut pas exister.
Il réfléchit encore examine l’objet
Le touche d’une patte, bouscule le trépied,
Et se rapproche encore, puis dévie son trajet
De peur de recevoir un savant coup de pied.
Il entreprend alors de bien se pénétrer
De la forme spéciale, des teintes délavées
Pour raconter aux siens mais aussi démontrer
Que son délire du jour s’est encore aggravé.

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