jeudi 21 juillet 2016

L’ombrelle. ( dessin Galane 2015)


Ma très chère Emilie,


Il a fallu deux mois pour que vînt votre lettre. Si les mots que vous dites pouvaient me rassurer ! Mais un ami commun qui vous a rencontrée  a fait votre portrait de curieuse façon. Il paraît que Marie dont vous êtes entichée exerce sur votre âme une emprise certaine.  Monsieur de Courmalon qui régit vos affaires vous  a trouvée défaite, de triste compagnie, il s’inquiète de vous. Il s’en est remis au Prince de Matelle , qui songe à revenir vers vos terres provençales. Ah que vous me manquez ! Je ne puis me confier comme à vous si souvent, sur les potins de cour,  et rire de bon cœur sur les petits travers  de Madame Amélie. Savez vous que l’amant de Lénie Combarelle a perdu sa fortune au jeu le mois dernier ? Que ne revenez vous vers moi, ma douce amie, que faites vous si loin à présent sans mari ?
On dit que votre cœur solitaire se consume et pâlit votre teint sous vos robes de deuil. Laissez vous entraîner un peu vers la gaité, car la vie vous attend autant qu’on vous espère.
Je vous joins sous ce pli, les ragots moins mondains qui circulent, et dérident les gens les plus sérieux. Riez ma belle amie, souriez à la vie.  Écrivez moi souvent avant que de venir.


                            Votre fidèle amie Emeline Descourt.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire