mercredi 13 juillet 2016

La déesse du feu.( dessin Galane 2012)


Le corbeau noir se vêt de robes violentes
Et ses plumes de jais enserrent le poitrail
Qui se gonfle en jasant de façon imprudente.
Sans doute est-il ici pour un sombre travail.

Holà, ma belle amie, dit l’oiseau de malheur,
Je te tiens compagnie, pour te dire des secrets.
Approche un peu plus près, et surtout,  n’aie pas peur
Ta pâleur m’offusque à donner des regrets.

Que crois tu dit cette âme, aux yeux écarquillés,
J’ai senti depuis peu le souffle de tes mots
Et ton haleine courte, à peine maquillée,
Est source de chaos et de fumeux complots.

Je vois bien dans le ciel les tornades de feu
Qui tourmentent les cœurs et brûlent l’intérieur
De la chair et des os pour un dernier adieu,
Comme si la vie cédait au dieu triomphateur.

Laisse moi retenir les rumeurs plus joyeuses
Qui ont fardé ma vie, embelli mes humeurs.
Je ne veux pas sombrer dans la serre victorieuse
Qui m’oblige à vouloir oublier les bonheurs.

Les arbres charbonneux, amaigris abandonnent
Aux Cassandres de plume leurs bras désordonnés
Ils exhalent la sève que l’écorce emprisonne

Pour étancher la soif des esprits bâillonnés.

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